EPLEFPA Lons-le-Saunier Mancy

Réserve Naturelle Régionale de la Côte de Mancy : activités et usagers d'autrefois...

 

Activités et « usagers » d'autrefois— XVIIe-XIXe s. —

 

paturages mancy

Les pâturages de Mancy : des pelouses sèches marneuses. Cl. D. MALECOT

 

Le pastoralisme : du "bétail rouge" au Konik Polski

 

Depuis au moins trois siècles, troupeaux et bergers sillonnent la Côte de Mancy.
Au XVIIIe siècle, des accords sur les limites communales interviennent entre Lons-le-Saunier et Macornay.
Ils entérinent l’activité exclusive du site : le pastoralisme. Durant cette période, des vignes privées enserrent ces pâtures communautaires.
Au XIXe siècle, la recherche de pâturages suscite de nouveaux conflits. Des interdictions et des restrictions sont prononcées : seul le « bétail rouge » (les bovins) est autorisé à paître. La Côte est toujours entourée de vignes. Les terres labourables demeurent minoritaires et les friches sont quasi inexistantes. La vallée de la Sorne, quand à elle, accueille des prairies de fauches et des saulaies.
Au cours du XXe siècle, ces activités traditionnelles sont abandonnées. Le plateau connaît alors une reforestation.
En 1999, pour lutter contre l’enfrichement un troupeau de chevaux de race Konik Polski appartenant à la Ferme équestre Mancy est introduit sur le plateau.
H. ANGUENOT, C. BELET, T. COUDURIER, A. DENJEAN, C. FERRATON, A. LEGOUX et E. PAULI avec la collaboration de F. DELL'ACCIO et D. MALECOT

 

konik polski

Chevaux Konik Polski pâturant sur le plateau de Mancy. Cl. D. MALECOT

A la vue de tous : le gibet de Lons-le-Saunier

 

Depuis 1621 et 1674, la Ville de Lons-le-Saunier détient la haute justice, c'est à dire le droit de condamner à mort.
Lorsqu'un coupable est condamné à la peine capitale, il est d'abord exposé plusieurs jours durant sur la place principale. Le pilori de Lons-le-Saunier se trouve devant la tour de l'Horloge, porte principale de la cité.
On dresse ensuite le gibet ou signe patibulaire. Deux délibérations du Conseil municipal (15 février 1672 et 29 mars 1695) et un plan de 1695 signalent que cette structure en bois s'élève alors sur le sommet de Mancy.
Ceci fait, le condamné est conduit au gibet où il est pendu.
Le site choisi pour l'érection du signe patibulaire n'est donc pas innocent : il se doit d'être visible de tous, depuis les routes d'accès à la ville comme depuis la cité.
C. BARBIER, B. BICHE, J. COURTIN, R. KAMINSKI, T. LAURET et H. RAVAT

 

Plan géométral
Plan géométral du différent entre
Messieurs de Lons-le-Saunier et Montaigu, dressé en 1695.© Arch. dép. Jura, 5 E 39/81


Signe patibulaire

Détail signalant l'emplacement du "signe patibulaire" de Lons-le-Saunier

 

Carriers et intellectuels — XIXe s. —

Les carrières de Mancy et les constructions de Lons-le-Saunier

« Pour la pierre courante et de qualité moyenne on pouvait trouver une série de carrières
à proximité de la commune de Lons le Saunier, entre autre sur la côte Mancy »
BRELOT (J.) & DUHEM (G.), Histoire de Lons-le-Saunier, Lons-le-Saunier, 1957
Au cours du XVIIe siècle, plusieurs incendies ravagent la ville de Lons-le-Saunier. Les autorités locales favorisent alors les constructions en pierre au détriment des édifices en bois et en terre cuite. En conséquence, plusieurs carrières sont ouvertes autour de la cité, à Montciel, à Crançot et à Mancy.
A Mancy, les carriers et les entrepreneurs jurassiens exploitent les couches du Bajocien inférieur. De nombreuses maisons lédoniennes à deux étages, élevées entre 1725 et 1730, sont construites en « petit granite » de Mancy.
B. BICHE, J. COURTIN, R. KAMINSKI et T. LAURET avec la collaboration de F. DELL'ACCIO et D. MALECOT

 

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Témoin de la géologie jurassienne : les couches du Bajocien inférieur exploitées sur les carrières du plateau de Mancy. Cl et del. D MALECOT

 

Recolonisation végétale

La recolonisation végétale des anciennes carrières constitue l'une des originalités écologiques du site. Cl. D MALECOT

 

Les Gauthier-Villars et Colette à l'origine d'un quartier neuf

 

La montée Gauthier-Villars rappelle le nom d'une la famille d’éditeurs du Dauphiné établie à Lons-le-Saunier.
Frédéric Gauthier sait s’imposer dans la ville et son fils Albert Gauthier-Villars fonde une importante imprimerie à Paris. Il est le père de Henri Gauthier-Villars dit Willy, éminent critique de la « belle époque » et « Lion » de la vie parisienne.
Willy épouse et fait connaître l'écrivain Colette, auteur entre autres de « Sido ».et des « Claudine ».
La famille fait construire au bout du chemin du Chalet une résidence d’été, le Chalet des sapins. Colette et son mari en sont les hôtes durant l'été.
Ce bâtiment subsiste et fait aujourd'hui partie du Lycée agricole Mancy. F. DELL'ACCIO

 

Colette et famille Gauthier-Villars

Colette (1er plan à gauche) et la famille Gauthier-Villars, réunies dans le Chalet des sapins.
Coll. CDI Mancy